
La nuit, maîtresse des lieux, veille sur les rues de Londres en silence. Le silence ? Peut-être pas... La fine pluie martèle sans interruption le sol et le toit des bâtiments. Il pleut sur la capitale, encore et toujours, tel un mythe incassable. L’eau noire coule inlassablement dans toutes les allées de la ville, procurant ainsi une sensation de mystère et d’insécurité constante.
Il ne fait pas bon de traîner dehors par des temps pareils.
Pourtant, dans une rue plus menaçante encore que les autres, une silhouette sombre encapuchonnée se découpe aux rayons d’une lune pleine. Pendant quelques instants, l’astre disparaît, masqué par les nuages foncés remplis d’eau. La silhouette en profite pour cacher un objet sous sa cape et se faufile sans aucun bruit dans le premier hall d’entrée qu’elle trouve.
Dehors, l’eau rouge est de nouveau éclairée par la lumière. Oui, rouge. Des flots rouges qui coulent, terrifiants, dans les caniveaux de la ville. Au fond de l’impasse où se tenait la mystérieuse personne il y a quelques instants, un spectacle écoeurant lui fait place: des corps sans vie, une dizaine, tous entassés les uns sur les autres, mutilés, ruisselants de sang. Leurs visages traduisent la peur, l’effroi intense. Comme s’ils savaient qu’ils allaient mourir ce soir, dans une ruelle mal famée, à l’abri de tout regard gênant. Mais, leurs visages, ils semblent... étranges. Leurs yeux brillent d’une lueur effrayante et ils ont cette expression sauvage incrustée dans chacun de leurs traits. Plus étranges encore que leurs visages, leurs corps paraissent fondre peu à peu au fur et à mesure que la pluie entre en contact avec leur chair.
Mais revenons vers la si intrigante silhouette. Elle ne semble pas avoir subit de dommage d’aucune sorte. Lentement, après avoir vérifié que le lieu est totalement vide elle enlève sa capuche.
Jared Mercantis secoue ses longs cheveux noir corbeau et passe une main dans sa poche, sortant par la même occasion une feuille et un stylo. Tout en dépliant le papier légèrement il vérifie l’absence de présence humaine à proximité. Le crayon dans sa main droite il barre trois lignes sur ce qui paraît être une liste. D’un regard soucieux il fixe deux mots, notés en haut à droite du papier.
-Aux grands maux les grands remèdes, marmonne-t-il de sa voix grave et un peu rauque.
Replaçant le tout dans sa poche, le jeune homme remet sa capuche en place, et se dirige sans appréhension vers la rue toujours sous le flot incessant des eaux, sans un regard en arrière. Dans l’impasse, plus aucune trace des corps précédemment empilés. Juste quelques haillons sales dispersés ici ou là.
La lune, témoin des évènements pour le moins étranges qui viennent de se passer sous ses yeux reste impassible. Après tout, les histoires d’hommes, en quoi cela la concerne-t-elle?
Premier chapitre de Mystic Night! Très court, oui je sais mais c’était juste pour vous mettre en appétit. Je ne suis pas très fière de ce début honnêtement, il ne sert un peu à rien mais je voulais placer en priorité une ambiance mystérieuse. Le chapitre suivant est dans un style totalement différent ne vous inquiétez pas! L’action commencera. Comme vous avez pu le remarquer cette fiction se déroule d’un point de vue externe et omniscient.
See you
Electra





